Le 14 mars, nous entamerons la deuxième résidence de répétitions du spectacle Les Préjugés. Nous serons accueilli dans le Lycée Gabriel Péri de Champigny-sur-Marne.
En attendant, rendez-vous sur notre page Facebook pour faire la connaissance de l'équipe du spectacle : Rêve général Théâtre
Venez découvrir les étapes de création du spectacle Les Préjugés.
Heures ouvertes au sein du Lycée professionnel Gabriel Péri de Champigny-sur-Marne tous les jours de 13h à 14h.
jeudi 10 mars 2016
dimanche 14 février 2016
Retour en vidéo sur la Résidence au Lycée M. Yourcenar de Beuvry avec la Comédie de Béthune
En attendant notre prochaine résidence à Champigny-sur-Marne en mars, nous vous proposons une vidéo de notre précédente résidence et des ateliers que nous avons menés au Lycée M. Yourcenar de Beuvry.
Merci à la Comédie de Béthune pour la vidéo !
vendredi 22 janvier 2016
Résidence du 5 au 20 janvier : Lycée M. Yourcenar de Beuvry avec la Comédie de Béthune
Depuis le 5 janvier, nous sommes en Résidence de création au Lycée Marguerite Yourcenar de Beuvry avec la Comédie de Béthune.
La Compagnie Rêve général ! a vécu au rythme du lycée entre la création du spectacle des Préjugés, les ateliers avec la classe de Première S, la cantine, l'hébergement au coeur du lycée hôtelier... La résidence a été forte en rencontres, en partages et en émotions.
Nous en avons profité pour faire une heure de portes ouvertes par jour, pendant laquelle il y avait toujours beaucoup de jeunes et aussi quelques profs, et ça nous a permis de tester des choses par rapport au texte et par rapport au jeu.
Nous en avons profité pour faire une heure de portes ouvertes par jour, pendant laquelle il y avait toujours beaucoup de jeunes et aussi quelques profs, et ça nous a permis de tester des choses par rapport au texte et par rapport au jeu.
Les 15 premiers jours de création
Nous décidons, en demeurant fidèles au thème du préjugé amoureux de répartir nos élans de création en alternant par demi-journées : Marie-vau / Marie-lyn. Et nous plongeons…
Appréhender un même espace en restituant nos énergies au service de nos deux auteurs. Utiliser le On/Off imaginé par Claire Richard, notre chorégraphe pour la partie contemporaine écrite par Marilyn Mattei. Prendre le temps de découvrir la souplesse des corps pour Marivaux. Se faire passer des panneaux de bois et de plexi, modifier l’espace afin de construire pour chaque pièce un endroit où les mots de chaque auteur puissent s’entrechoquer avec la plus juste harmonie.
Regard averti de Marie Normand riant ou signalant nos imperfections, le regard de la metteur en scène amoureuse de son travail. Neige qui se prépare à tomber. Terrils au lointain.
Si on prend la question d’Alice au pied de la lettre, on a exploré les différentes énergies du mot : Cr-é-A-tion
Cr: prendre les crissades, profiter de nos glissades.
Terrain à explorer : le décor qui bouge avec des mouvements amoureux. Des murs, des portes, des paravents. Là dedans des allées et venues d’amours contrariés.
Comment jouer avec l’espace, qu’il parle avec nous ?
E : Des élans, des initiatives qui parfois donnent é…oui ou é…non.
La présence et les regards des élèves du lycée qui deviennent nos complices.
A : Avec les sourcils qui se lèvent ou la mâchoire qui pend. S’étonner. S’accepter paumés. Laisser ce qu’on ne comprend pas travailler en nous en dehors de la raison. Additionner les strates et les couches du travail.
Tion : Faire ou ne pas faire la diérèse ? L’importance du langage dans le spectacle. Comment prendre les mots. Respecter les différents styles, faire des élisions et des non-élysions une aide, pour suivre le chemin de la parole.
| Marie Normand - Metteure en scène (au premier plan) accompagnée de Claire Richard - Chorégraphe |
| Marilyn Mattei - Auteure de Fake |
| L'équipe qui débriefe |
| Bruno - Comédien |
| Clotilde - Apolline - Martin, comédiennes et comédien |
La vie quotidienne
Exemple d’une journée.
7h50, cantine. Bonjour. Qui veut une orange pressée ? Grmmblmm…Bien dormi ? Oui. D’après toi ils sont amis ou en couple eux deux ?
9h, répétition. On met le chauffage ? Ok, mais débranche la bouilloire. Tu dessines quoi ?
11h45, portes ouvertes. Bonjour ! Vous êtes 50, on n'a plus de chaises mais il nous reste des coussins. Oh ! Une poule qui pond un ailephant.
12h45, cantine. Qui a la carte de cantine ? C’est un laitage et un dessert. Ils sont classes dans leurs costumes de service. Quelqu’un veut finir mes lasagnes ? Ah, ils sont en couples. Ça se passe bien votre BTS ?
13h25, sieste.
13h30, atelier avec les Première S. Qui veut du café ? T’as pas un ricola ? Ils sont classes dans les costumes d’époque !
18h, pause. Faut que j’achète des culottes. Prends des bières. Je pue. Prends une douche.
19h, restaurant d’application. Hum… Scroutch. Miam ! Wha… Merci. Scroutch. Miam ! splatch ! Oups… Vous inquiétez pas, je vais me changer j’habite au bout du couloir. Merci, beaucoup.
20h, hôtel. Italienne ou jeu de carte ? Les deux, on mélange tout. Angélique, je n’ai pas l’audace de vous demander de prendre un temps de réflexion moins long afin que la partie de wist avance sans heurt. Qui veut de la tisane ? Le rat : J’ai perdu (en fait il a gagné mais c’est pour la rime avec le texte de Marylin).
21h, chambre 4. Je regarde la naissance des pieuvres, ça intéresse quelqu’un ?
22h30, partout : bonne nuit !
22h31, le veilleur de nuit est enfin tranquille.
| La cantine |
Les ateliers
Voici quelques textes et impressions livrés par les élèves de Françoise, professeur de Français pour la classe de Première S. Nous avons partagé 12h d’atelier avec les 25 adolescents de cette classe, entre exercices d’écriture, pratiques théâtrales et présentation des avancées de notre projet, dont voici quelques morceaux :
Autoportraits :
Il s’appelle Vianney
Il aime les filles
Il a 45 ans
Il est célibataire
Il aime les cochons
Il est seul et vit dans une ferme
Il aime le carnaval de Dunkerque
Il aime les bonbons
Il a une perruque et une moustache
Il est vulgaire et marrant
Il s’appelle Julien, 16 ans
Il aime les jeux vidéo mais pas le sport
Il a une jambe qui va pas
Il aime les pizzas
Il ne regarde pas de films ni de théâtre
Il regarde Games of Thornes
Il n’a pas encore fait sa dissertation
Il ne lit pas de livres
Il s’appelle Romain
Il adore les jeux de mots pourris, sortir avec ses amis, inventer des histoires plus ou moins débiles, jouer aux jeux vidéo et jouer au basket
Il n’est pas très bon, mais il aime bien y jouer
Il adore aussi dormir, beaucoup dormir
Il aime aussi énormément regarder des séries et des films : Games of Thornes, Breaking Bad, Dexter… Son film préféré est Django unchained
Elle s’appelle Mathilde
Elle a 16 ans
Elle aime être avec ses amis
Elle aime lire et rire
Elle adore regarder la télé, aller au cinéma et faire la grasse matinée
Elle souhaite devenir sommelière ou œnologue
Elle s’appelle Déborah
Elle a 16 ans
Elle a une sœur
Elle aime passer du temps avec ses amis
Elle aime les jeux vidéo
Elle aime le cinéma
Elle est toujours fatiguée et affamée
Elle est timide
Elle aime le surnaturel
Elle voudrait devenir professeur des écoles
Il s’appelle Gabriel
Il a 15 ans
Il a une sœur, une demi-sœur et un demi-frère
Il aime les jeux vidéo
Il a tout copié sur Théau
Il s’appelle Ervin
Il a 16 ans
Il aime la musique
Il déteste sa sœur
Il aime les bonbons
Il aime les pompiers
Il sera chauve
Il est bien comme il est
Elle s’appelle Marine, 1ère S
Elle a un jumeau et une sœur
Elle a 16 ans
Elle aime les séries, lire, les gâteaux
Elle aime aller au cinéma et faire les magasins
Elle déteste l’école
Elle est franche et loyale
Elle trouve son frère imbécile et immature
Il s’appelle Lorenzo
Il a 16 ans
Il joue du piano et apprend la guitare ainsi que le dessin
Il regarde des séries telles que « The 100 » ou encore « Walking Dead »
Il joue encore aux consoles
Il est en première S et il se demande pourquoi
Il a beau apprendre sa SVT pendant 6 heures, il se retrouve avec un 5,5/20
Il est possédé par la flemme
Il s’appelle Allan
Il a 10 ans mentalement
Il aime pas raconter sa vie, alors je vais vous dire que
Il aime les pâtes et chevaucher des licornes
Il aime entraîner un chameau à porter des babouches
Et accessoirement, il a actuellement une irrépressible envie d’uriner
Ils s’appellent encore, Guillaume, Charlotte, Amandine, Marion, Marion, Justine, Victor, Théau, Gaëlle, Pauline, Théo, Laurine, Mathilde, Chloé et Nathan.
Ils sont tous dans la même classe, en Première S.
Des moments qu’ils ont aimés :
« La première séance, je pense. Puisque l’on a appris à se connaître et surtout j’ai été surpris. Et la surprise est souvent plus « retenable » (je trouve plus le mot) que d’autres moments. »
« J’ai particulièrement aimé les moments où vous vous êtes retrouvés sur scène pour nous jouer un passage de la pièce. Je détestais le théâtre et pourtant, j’ai pris énormément de plaisir à vous voir jouer sur scène. »
« Les mises en scène de ça se dit pas car c’était drôle, surtout avec Nathan en schizo. »
« Je vais juste dire que c’était giga cool, les jeux étaient sympas, avec les meufs ça passe crème. Un moment qui m’a plu est le samouraï ! Ulysse est un dieu, avec le jeu de mot, un demi. MDR ! Il est cool et super drôle ! Continuez ! Vous gérez grave ! »
« Le jeu du samouraï car tout le monde était en cohésion, à l’écoute de l’autre dans la bonne humeur. »
« Les photos de classe m’ont permis d’exprimer ma folie à travers les gestes. Certains personnages étaient très drôles. »
« Le ridicule de la braguette ouverte de Bruno. MRD ! »
« J’ai beaucoup aimé voir la pièce Fake se jouer et aurais bien aimé la voir en entier car j’ai beaucoup apprécié et cela m’a fait rire. »
« J’ai aimé les pièces jouées par les acteurs. J’ai bien rigolé. Puis, j’ai pu découvrir les avancées de la pièce et ses difficultés. »
jeudi 26 novembre 2015
En avant-première !!
Ci-dessous, un extrait du texte de Marilyn Mattei, Fake, que nous jouerons donc juste avant le Préjugé vaincu ...
LUNDI
CDI
THEO/LENA/LE
RAT
L'un
en face de l'autre, derrière un livre
Le
rat à son bureau. Journal dans les mains. Il lit
THEO-
T'es une fille ta mère flippe. C'est normal. Je comprends.
LENA-
Qu'est-ce que ça veut dire ça ?
LE
RAT- « Une agression dans le métro. Un homme qui se frotte. Un
enlèvement. Une fugue. Un suicide raté. Une adolescente qui pose nue. Une
endoctrinée. Une crucifixion. Une sexe tape. »
THEO-
Je suis ta mère moi je t'enferme.
LENA-
Tu m'enfermes ?
THEO-
Avec tout ce qu'on raconte par amour je ferais ça. Je garderais la clef sur
moi, genre cachée dans mon box, pour plus que tu sortes.
LENA-
C'est tout ce que t'as à me dire ?
THEO-
C'est déjà bien.
LENA-
Je t'ai dit non.
THEO-
J'ai entendu
LENA-
Ça te fait rien ?
THEO-
Ça me fait pas rien, je comprends.
LENA-
Ça te fait quoi que je te dise non.
THEO-
Tu me dis que c'est mort pas possible nope tu me dis non tu me dis non.
LENA- T'as pas envie de tout casser ?
THEO-
Hein ?
LENA-
Poser une bombe chez moi ?
THEO-
Non
LENA-
Taper sur quelqu'un ?
THEO-
Non
LENA-
T'as pas de black-out ?
THEO-
Non
LENA-
T'avais pas envie.
THEO-
Sûr que j'avais envie.
LENA-
Quand on a envie et que ça se fait pas on a les nerfs en sac de nœuds.
THEO-
J'ai pas les nerfs. Tu me dis non je vais pas te forcer. Tu voudrais.
LENA-
Je voudrais quoi ?
THEO-
Que je te force. Tu me dis « non » et moi je dis : « tu me
dis non je te jette »Tu veux ça ?
LENA-
Non
THEO-
Voilà
(Le
Rat passe. Range le journal. En choisit un autre. Il regarde le couple. Sourit.
Théo et Léna font de même. Il retourne s’asseoir.)
LENA-
Et maintenant t'as envie
THEO-
Envie d'quoi ?
LENA-
You and me, se voir, samedi.
THEO-
Tu viens de dire non ça change quoi que j'aie envie ou pas.
LENA-
Les messages d'hier c'est du rien.
THEO-
C'est pas du rien je le pense.
LENA-
« Et je déchire les draps en pensant à toi »
THEO-
J'étais chaud.
LENA-
La nuit tu fais ça toi ?
THEO-
Pas vraiment mais-
LENA-
Pas vraiment quoi ?
THEO-
C'est une image.
LENA-
C'est pas pour de vrai alors.
THEO-
Si. Enfin, je veux dire, les draps OK je les déchire pas.
LENA-
Donc c'est pour de faux.
THEO-
Non c'est pas-
LENA-
Combien de temps ça fait qu'on se prévoit notre samedi rien que tous les
deux ?
THEO-
Deux mois 61 jours 1464 heures 87840 minutes 5270400 secondes
LENA-
Si j'étais toi, un mec, et que tu me disais non moi je casserais
tout. Je ferais une bombe artisanale et je la mettrais devant ta porte.
THEO-
Faire des bombes je sais pas faire. Mais je peux, je veux dire, casser, tout
casser, si tu veux je le fais, ça me plaît pas, pas du tout mais je peux, pour
toi.
LENA-
Laisse tomber.
THEO-
Vraiment je peux. Dis-moi. Je casse quoi ? La fenêtre
LENA-
Tu vas te faire mal.
THEO-
C'est pas grave tu veux tu me dis je fais.
LENA-
Oublie.
(Pause)
LENA-
J'ai envie de te voir.
THEO-
Moi aussi j'ai envie de te voir.
LENA-
J'ai très envie de te voir.
THEO-
J'ai très très envie moi aussi de te voir.
LENA-
Il faut qu'on se voie
THEO-
Tu viens de me dire que c'était pas possible.
LENA- Pour chez toi. Mais chez Mina, on peut. Elle est cool.
THEO-
Qui ?
LENA-
Mina
THEO-
C'est qui ?
LENA-
My best.
THEO-
Je vois pas.
LENA-
Elle est toujours avec moi.
THEO-
Elle ressemble à quoi?
LENA-
Laisse tomber.
(Pause)
THEO-
Donc pas chez moi.
LENA-
Pas chez toi. Chez elle.
THEO-
Mais chez moi c'est chez moi. Chez elle c'est chez elle. Moi j'avais dit chez
moi pas chez elle. Si c'est chez elle c'est pas chez moi. Si c'est chez elle que c'est pas chez moi on
est pas chez moi donc on est chez elle
donc on est pas deux. On est trois
LENA-
Donc ?
THEO-
C'est pas ça qu'on s'était dit.
LENA-
T'as pas envie d'être avec moi.
THEO-
Être avec toi c'est à deux, pas à trois.
LENA-
Être ensemble t'as pas envie.
THEO-
Ensemble c'est à deux, pas à trois.
LENA-
Toi et moi + Mina c'est mieux que du rien.
THEO-
Toi et moi + Mina c'est du rien.
LENA-
C'est mieux que pas se voir du tout.
THEO-
C'est du rien. Parce qu'elle sait pas que toi et moi et si elle sait pas, parce
qu'elle sait pas, on s'est dit ça Léna, que c'est juste toi et moi, les autres on
se les raye parce que ça cause et ça raconte des trucs, donc, si elle sait pas
que toi et moi on-
LENA-
Elle sait pas.
THEO-
Y aura rien.
(Pause)
LENA-
Alors, next.
THEO-
J'ai pas dit ça.
LENA-
C'est pas une question.
THEO-
Quoi ?
LENA-
On peut pas se voir on peut pas se voir. Tout le monde fait ça. Se voir c'est
normal. Alors si on peut pas
THEO-
On peut se voir.
LENA-
L'angoisse de ma mère.
THEO-
Ça empêche pas de se voir.
LENA-
Tu vois bien que ça empêche.
THEO-
Là, on se voit.
LENA-
Et pourtant.
THEO-
Pourtant quoi ?
LENA-
On est pas deux. On est trois.
(Le
rat passe. Range le journal. En choisit un autre. Regarde le couple. Sourit.
Théo et Léna font de même. Il retourne s'asseoir.)
THEO-
Elle est cool tu dis.
LENA-
Super cool.
THEO-
Cool cool.
LENA-
Y a pas plus cool qu'elle.
THEO-
Donc elle dira oui.
LENA-
Elle dira oui.
THEO-
Faudra inventer un truc pour-
LENA-
C'est tout prévu.
THEO-
OK.
LENA-
OK ?
THEO-
OK.
(Pause)
THEO-
Kiss.
LENA-
Là ?
THEO-
Allez.
LENA-
Mais il nous-
THEO-
Ça cause pas un rat.
LENA-
On sait jamais.
THEO-
Derrière le bouquin.
LENA-
Si on nous-
THEO-
Tu veux tu veux pas tu veux ?
LENA-
Je veux.
THEO-
Alors ?
(Baiser.
Mina rentre)
(
Le rat rit. Se rend compte que ce n'est pas drôle. Il s'arrête brutalement.)
LE
RAT- J'ai rien vu
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